140 Message en faveur de la paix

Message 2 sept 2006, §1
Lettre à l’évêque d’Assise, à l’occasion du XX anniversaire de la rencontre interreligieuse de prière pour la paix

Nous célébrons cette année le XX anniversaire de la Rencontre interreligieuse de Prière pour la Paix, voulue par mon vénéré prédécesseur, Jean-Paul II, le 27 octobre 1986, dans cette ville d’Assise. Comme on le sait, il invita à cette rencontre non seulement les chrétiens des diverses confessions, mais également des représentants des diverses religions. L’initiative eut un large écho dans l’opinion publique : elle constitua un message vibrant en faveur de la paix et se révéla être un événement destiné à laisser une trace dans l’histoire de notre temps. On comprend donc que le souvenir de ce qui eut alors lieu continue de susciter des initiatives de réflexion et d’engagement. Certaines ont été prévues précisément à Assise, à l’occasion du vingtième anniversaire de cet événement. Je pense à la célébration organisée, en accord avec ce diocèse, par la Communauté de Sant’Egidio, dans le sillage des rencontres analogues qu’elle organise chaque année. Les jours mêmes de l’anniversaire se tiendra ensuite un Congrès, organisé par l’Institut de théologie d’Assise, et les Eglises particulières de cette Région se retrouveront dans l’Eucharistie concélébrée par les Evêques d’Ombrie dans la Basilique Saint-François. Enfin, le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux organisera ici une rencontre de dialogue, de prière et de formation à la paix pour les jeunes catholiques et ceux provenant d’autres religions.

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139 Prière à la Sainte Vierge

Prière au pied de la « Mariensäule », samedi 9 septembre 2006
(Marienplatz, Munich)

Sainte Mère du Seigneur,

Nos ancêtres, dans une période de difficultés, ont élevé ici ta statue, au cœur de la ville de Munich, pour te confier la ville et le pays. Sur les routes de leur vie quotidienne, ils voulaient Te rencontrer toujours à nouveau et apprendre de Toi comment vivre de la manière juste leur existence humaine ; apprendre de Toi comment pouvoir trouver Dieu et trouver ainsi l’harmonie entre eux. Ils t’ont donné la couronne et le sceptre, qui étaient alors le symbole de la seigneurie sur le pays, car ils savaient qu’ainsi le pouvoir et la domination auraient été entre de bonnes mains – entre les mains de la Mère.

Ton Fils, peu avant l’heure du congé, a dit à ses disciples : « Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous » (Mc 10, 43sq). Toi, à l’heure décisive de ta vie, Tu as dit : « Je suis la servante du Seigneur » (Lc 1, 38) et Tu as vécu toute ton existence comme un service. C’est ce que Tu continues à faire au cours des siècles de l’histoire. De même qu’autrefois, à Cana, Tu as intercédé silencieusement et avec discrétion pour les époux, Tu agis toujours ainsi : Tu te charges de toutes les préoccupations des hommes et Tu les apportes devant le Seigneur, devant ton Fils. Ton pouvoir est la bonté. Ton pouvoir est le service.

Enseigne-nous – grands et petits, dominateurs et serviteurs – à vivre notre responsabilité de cette manière. Aide-nous à trouver la force pour la réconciliation et pour le pardon. Aide-nous à devenir patients et humbles, mais également libres et courageux, comme Tu l’as été à l’heure de la Croix. Tu portes Jésus dans tes bras, l’Enfant qui bénit, l’Enfant qui est aussi le Seigneur du monde. De cette façon, en portant Celui qui bénit, tu es toi-même devenue une bénédiction. Bénis-nous, bénis cette ville et ce pays ! Montre-nous Jésus, le fruit béni de ton sein ! Prie pour nous pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen !

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138 Cherchez les occasions de faire le bien !

Entretien télévisé, 5 août 2006
en préparation au voyage apostolique a Munich, Altötting et Ratisbonne (9-14 sept 2006)

Je dirais avant tout que je suis très heureux qu’il y ait des jeunes qui désirent être ensemble, être ensemble dans la foi, et faire quelque chose de bon. La disponibilité au bien est très forte chez les jeunes, il suffit de penser aux nombreuses formes de volontariat. L’engagement à offrir sa propre contribution aux besoins de ce monde est quelque chose de grand. La première impulsion peut donc être de les encourager : Allez de l’avant ! Cherchez les occasions de faire le bien ! Le monde a besoin de cette volonté, il a besoin de cet engagement ! Et puis peut-être faudrait-il ajouter : ayez le courage des décisions définitives ! Chez les jeunes, il y a beaucoup de générosité, mais face au risque de s’engager pour la vie entière, aussi bien dans le mariage que dans le sacerdoce, ils ont peur. Le monde est en mouvement de façon dramatique. En permanence. Puis-je dès à présent disposer de ma vie entière avec tous ses événements imprévisibles à venir ? Si je prends une décision définitive, est-ce que je ne vais pas enchaîner ma propre liberté, est-ce que je ne vais pas me priver de ma liberté de mouvement ? Réveiller le courage d’oser des décisions définitives, les seules en réalité qui permettent de grandir, d’aller de l’avant et de parvenir à quelque chose de grand dans la vie, les seules qui ne détruisent pas la liberté, mais qui lui offrent la juste direction dans l’espace. Prendre ce risque, effectuer ce saut – pour ainsi dire – dans le définitif, et accueillir ainsi pleinement la vie, voilà ce que je serais heureux de pouvoir communiquer.

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137 Il est beau de croire

Entretien télévisé, 5 août 2006
en préparation au voyage apostolique a Munich, Altötting et Ratisbonne (9-14 sept 2006)

L’Occident est aujourd’hui fortement influencé par d’autres cultures, où l’élément religieux d’origine est très marqué, et qui sont horrifiées par la froideur qu’elles constatent en Occident à l’égard de Dieu. Et cette présence du sacré dans d’autres cultures, même si elle est voilée de diverses façons, touche à nouveau le monde occidental, elle nous touche nous, qui nous trouvons au carrefour de tant de cultures. Et, d’autre part, le besoin de quelque chose « de plus grand » est en train de poindre, toujours à nouveau, du plus profond de l’homme en Occident et en Allemagne également. Nous voyons que les jeunes cherchent « davantage », nous voyons que, d’une certaine manière, le phénomène religieux – comme on dit – revient, même si cette recherche est souvent assez floue. Mais avec tout cela, l’Eglise est à nouveau présente, la foi s’offre comme réponse. Et je pense que cette visite justement, comme déjà celle de Cologne, est une opportunité afin que l’on puisse voir qu’il est beau de croire, que la joie d’une grande communauté universelle possède une force entraînante, que derrière elle, il y a quelque chose d’important et que, par conséquent, avec ces nouveaux mouvements de recherche, il existe aussi de nouveaux débouchés pour la foi, qui nous conduisent les uns vers les autres et qui sont également positifs pour la société dans son ensemble.

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136 Connaître le Christ en personne

Audience générale, 6 septembre 2006

« Viens, et tu verras », cette invitation est adressée par Philippe à Nathanaël, alors que celui-ci se montre sceptique devant les déclarations du disciple concernant l’identité de Jésus. Par cette réponse, Philippe ne se contente pas d’annoncer le Christ, il invite son interlocuteur à faire lui-même une expérience personnelle de ce qui est annoncé. Il semble aussi s’adresser à nous, nous appelant à connaître le Christ en personne, à découvrir son humanité et sa divinité, son mystère, sa beauté. Philippe sait orienter les demandes qui lui sont faites vers le Seigneur, le seul qui puisse les satisfaire en plénitude. À sa question, au cours de la dernière Cène : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit », Jésus répondra par cette révélation : « Celui qui m’a vu a vu le Père [...] Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi ». Dieu s’est donné un visage humain, celui de Jésus. Si nous voulons connaître le visage de Dieu, il nous suffit de contempler le visage de Jésus !

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135 Renforcer notre foi dans le Christ ressuscité

Regina Cæli, 30 avril 2006 (III Dimanche de Pâques)

Au cours du temps pascal la liturgie nous offre de multiples encouragements pour renforcer notre foi dans le Christ ressuscité. En ce troisième dimanche de Pâques par exemple, saint Luc raconte comment les deux disciples d’Emmaüs, après l’avoir reconnu « dans la fraction du pain », se rendirent, remplis de joie, à Jérusalem pour informer les autres de ce qui leur était arrivé. Et précisément au moment où ils parlaient, le Seigneur lui-même est apparu, montrant ses mains et ses pieds avec les signes de la passion. Puis, devant l’étonnement et l’incrédulité des Apôtres, Jésus se fit donner du poisson grillé et le mangea sous leurs yeux (cf. Lc 24, 35-43). Dans ce récit, comme dans d’autres, on ressent une invitation répétée à vaincre l’incrédulité et à croire à la résurrection du Christ, car ses disciples sont appelés à être des témoins précisément de cet événement extraordinaire. La résurrection du Christ est l’élément central du christianisme, une vérité fondamentale qui doit être réaffirmée avec force en tout temps, car la nier comme on a tenté de le faire de différentes manières et comme on continue de le faire, ou la transformer en un événement purement spirituel, équivaut à rendre vaine notre foi elle-même. « Mais si le Christ n’est pas ressuscité – affirme saint Paul – vide alors est notre message, vide aussi votre foi » (1 Co 15, 14).

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134 Le troisième moment du mouvement de l’amour

(suite de la citation 133)

Audience générale, 9 août 2006, §5

Cette question [voir citation 133] nous introduit au troisième moment du mouvement de l’amour : de destinataires qui recevons un amour qui nous précède et nous dépasse, nous sommes appelés à l’engagement d’une réponse active qui, pour être adéquate, ne peut être qu’une réponse d’amour. Jean parle d’un « commandement ». Il rapporte en effet ces paroles de Jésus : « Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres » (Jn 13, 34). Où se trouve la nouveauté dont parle Jésus ? Elle réside dans le fait qu’il ne se contente pas de répéter ce qui était déjà exigé dans l’Ancien Testament, et que nous lisons également dans les autres Evangiles : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18 ; cf. Mt 22, 37-39 ; Mc 12, 29-31 ; Lc 10 27). Dans l’ancien précepte, le critère normatif était tiré de l’homme (« comme toi-même »), tandis que dans le précepte rapporté par Jean, Jésus présente comme motif et norme de notre amour sa personne même : « Comme je vous ai aimés ». C’est ainsi que l’amour devient véritablement chrétien, en portant en lui la nouveauté du christianisme : à la fois dans le sens où il doit s’adresser à tous, sans distinction, et surtout dans le sens où il doit parvenir jusqu’aux conséquences extrêmes, n’ayant d’autre mesure que d’être sans mesure. Ces paroles de Jésus, « comme je vous ai aimés », nous interpellent et nous préoccupent à la fois ; elles représentent un objectif christologique qui peut apparaître impossible à atteindre, mais dans le même temps, elles représentent un encouragement qui ne nous permet pas de nous reposer sur ce que nous avons pu réaliser. Il ne nous permet pas d’être contents de ce que nous sommes, mais nous pousse à demeurer en chemin vers cet objectif.

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133 L’amour de Jésus pour nous

(suite de la citation 132)

Audience générale, 9 août 2006, §4

Mais, à ce point, il est indispensable de faire un pas en avant et de préciser que Dieu a démontré de façon concrète son amour en entrant dans l’histoire humaine à travers la personne de Jésus Christ incarné, mort et ressuscité pour nous. Cela est le second moment constitutif de l’amour de Dieu. Il ne s’est pas limité à des déclarations verbales, mais, pouvons-nous dire, il s’est véritablement engagé et il a « payé » en personne. Comme l’écrit précisément Jean, « Dieu a tant aimé le monde (c’est-à-dire nous tous), qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16). Désormais, l’amour de Dieu pour les hommes se concrétise et se manifeste dans l’amour de Jésus lui-même. Jean écrit encore : Jésus « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin » (Jn 13, 1). En vertu de cet amour oblatif et total, nous sommes radicalement rachetés du péché, comme l’écrit encore saint Jean : « Petits enfants [...] si quelqu’un vient à pécher, nous avons comme avocat auprès du Père Jésus Christ, le Juste. C’est lui qui est victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jn 2, 1-2 ; cf. 1 Jn 1, 7). Voilà jusqu’où est arrivé l’amour de Jésus pour nous : jusqu’à l’effusion de son sang pour notre salut ! Le chrétien, en s’arrêtant en contemplation devant cet « excès » d’amour, ne peut pas ne pas se demander quelle est la réponse juste. Et je pense que chacun de nous doit toujours et à nouveau se le demander.

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132 La Source de l’amour

(suite de la citation 131)

Audience générale, 9 août 2006, §3

Le premier concerne la Source même de l’amour, que l’Apôtre situe en Dieu, en allant jusqu’à affirmer, comme nous l’avons entendu, que « Dieu est Amour » (1 Jn 4, 8.16). Jean est l’unique auteur de Nouveau Testament à nous donner une sorte de définition de Dieu. Il dit par exemple que « Dieu est esprit » (Jn 4, 24) ou que « Dieu est Lumière » (1 Jn 1, 5). Ici, il proclame avec une intuition fulgurante que « Dieu est amour ». Que l’on remarque bien : il n’est pas affirmé simplement que « Dieu aime » ou encore moins que « l’amour est Dieu » ! En d’autres termes : Jean ne se limite pas à décrire l’action divine, mais va jusqu’à ses racines. En outre, il ne veut pas attribuer une qualité divine à un amour générique ou même impersonnel ; il ne remonte pas de l’amour vers Dieu, mais se tourne directement vers Dieu pour définir sa nature à travers la dimension infinie de l’amour. Par cela, Jean veut dire que l’élément constitutif essentiel de Dieu est l’amour et donc toute l’activité de Dieu naît de l’amour et elle est marquée par l’amour : tout ce que Dieu fait, il le fait par amour et avec amour, même si nous ne pouvons pas immédiatement comprendre que cela est amour, le véritable amour.

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131 Amour, concept très particulier du christianisme

Audience générale, 9 août 2006, §2

S’il est un thème caractéristique qui ressort des écrits de Jean, c’est l’amour. Ce n’est pas par hasard que j’ai voulu commencer ma première Lettre encyclique par les paroles de cet Apôtre : « Dieu est amour (Deus caritas est) ; celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4, 16). Il est très difficile de trouver des textes de ce genre dans d’autres religions. Et ces expressions nous placent donc face à un concept très particulier du christianisme. Assurément, Jean n’est pas l’unique auteur des origines chrétiennes à parler de l’amour. Etant donné qu’il s’agit d’un élément constitutif essentiel du christianisme, tous les écrivains du Nouveau Testament en parlent, bien qu’avec des accents divers. Si nous nous arrêtons à présent pour réfléchir sur ce thème chez Jean, c’est parce qu’il nous en a tracé avec insistance et de façon incisive les lignes principales. Nous nous en remettons donc à ses paroles. Une chose est certaine : il ne traite pas de façon abstraite, philosophique ou même théologique de ce qu’est l’amour. Non, ce n’est pas un théoricien. En effet, de par sa nature, le véritable amour n’est jamais purement spéculatif, mais exprime une référence directe, concrète et vérifiable à des personnes réelles. Et Jean, en tant qu’apôtre et ami de Jésus, nous fait voir quels sont les éléments, ou mieux, les étapes de l’amour chrétien, un mouvement caractérisé par trois moments.

(suite dans la citation 132)

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