Archive pour Eucharistie

156 Le Corps mystique du Christ

Angelus, 1er novembre 2005, §2

La vie nouvelle, reçue dans le Baptême, n’est pas sujette à la corruption et au pouvoir de la mort. Pour celui qui vit dans le Christ, la mort est le passage du pèlerinage terrestre à la patrie du Ciel, où le Père accueille tous ses fils, « de toute nation, race, peuple et langue », comme nous le lisons aujourd’hui dans le Livre de l’Apocalypse (7, 9). C’est pourquoi, il est particulièrement significatif et approprié qu’après la fête de Tous les Saints, la liturgie nous fasse célébrer demain la Commémoration de tous les fidèles défunts. La « communion des saints », que nous professons dans le Credo, est une réalité qui se construit ici-bas, mais qui se manifestera pleinement quand nous verrons Dieu « tel qu’il est » (1 Jn 3, 2). C’est la réalité d’une famille liée par de profonds liens de solidarité spirituelle, qui unit les fidèles défunts à ceux qui sont en pèlerinage dans le monde. Un lien mystérieux mais réel, alimenté par la prière et par la participation au Sacrement de l’Eucharistie. Dans le Corps mystique du Christ, les âmes des fidèles se rencontrent en franchissant la barrière de la mort ; elles prient les unes pour les autres, elles réalisent dans la charité un intime échange de dons. Dans cette dimension de foi est également comprise la pratique d’offrir des prières d’intention pour les défunts, en particulier le Sacrifice eucharistique, mémorial de la Pâque du Christ, qui a ouvert aux croyants le passage vers la vie éternelle.

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154 Rosaire : à l’école de la Mère

Angelus, 16 octobre 2005, §2

Nous pourrions définir Jean-Paul II comme un Pape totalement consacré à Jésus à travers Marie, comme le souligne bien sa devise : « Totus tuus ». Il fut élu au cœur du mois du Rosaire et le chapelet qu’il tenait souvent entre les mains est devenue l’un des symboles de son Pontificat, sur lequel la Vierge Immaculée a veillé avec une sollicitude maternelle. A travers la radio et la télévision, les fidèles du monde entier ont pu s’unir tant de fois à lui dans cette prière mariale et, grâce à son exemple et à ses enseignements, en redécouvrir le sens authentique, contemplatif et christologique (cf. Lettre apost. Rosarium Virginis Mariae, nn. 9-17). En réalité, le Rosaire ne s’oppose pas à la méditation de la Parole de Dieu et à la prière liturgique ; il représente au contraire un complément naturel et idéal, en particulier comme préparation et action de grâce à la célébration eucharistique. Avec Marie, nous contemplons le Christ rencontré dans l’Evangile et dans le Sacrement dans les divers moments de sa vie grâce aux mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux. A l’école de la Mère, nous apprenons ainsi à nous conformer à son divin Fils et à l’annoncer à travers notre vie elle-même. Si l’Eucharistie est le centre de la journée pour le chrétien, le Rosaire contribue de façon privilégiée à élargir la communion avec le Christ et enseigne à vivre en gardant le regard du cœur fixé sur Lui, pour faire rayonner sur tous et sur toute chose son amour miséricordieux.

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119 Le lavement des pieds

Homélie, 13 avril 2006, §7 (Messe « in Cena Domini »)

Ajoutons un dernier mot à propos de ce passage évangélique fécond : C’est un exemple que je vous ai donnéVous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres (Jn 13, 14). En quoi consiste le fait de « nous laver les pieds les uns les autres » ? Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Voilà, toute œuvre de bonté pour l’autre – en particulier pour ceux qui souffrent et pour ceux qui sont peu estimés – est un service de lavement des pieds. Le Seigneur nous appelle à cela : descendre, apprendre l’humilité et le courage de la bonté et également la disponibilité à accepter le refus, mais toutefois se fier à la bonté et persévérer en elle. Mais il existe une dimension encore plus profonde. Le Seigneur ôte notre impureté avec la force purificatrice de sa bonté. Nous laver les pieds les uns les autres signifie surtout nous pardonner inlassablement les uns les autres, recommencer toujours à nouveau ensemble, même si cela peut paraître inutile. Cela signifie nous purifier les uns les autres en nous supportant mutuellement et en acceptant d’être supportés par les autres ; nous purifier les uns les autres en nous donnant mutuellement la force sanctifiante de la Parole de Dieu et en nous introduisant dans le Sacrement de l’amour divin (Jn 13, 15).

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118 Le vin parle de la Passion

Homélie, Jeudi 15 juin 2006, §5-6 (Fête-Dieu)
(Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran)

L’Eglise des débuts a trouvé un autre symbole dans le pain. La Doctrine des Douze Apôtres, un livre composé aux environs de l’an 100, rapporte dans ses prières l’affirmation : « De même que ce pain que nous rompons, autrefois disséminé sur les collines, a été recueilli pour n’en faire plus qu’un, qu’ainsi ton Eglise soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton Royaume ! » (IX, 4). Le pain composé de nombreux grains renferme également un événement d’union : la transformation en pain des grains est un processus d’unification. Nous-mêmes, de nombreux que nous sommes, nous devons devenir un seul pain, un seul corps, nous dit saint Paul (1 Co 10, 17). Ainsi, le signe du pain devient à la fois espérance et devoir.

Le signe du vin nous parle également de façon très semblable. Mais tandis que le pain renvoie à l’aspect quotidien, à la simplicité et au pèlerinage, le vin exprime le caractère exquis de la création : la fête de joie que Dieu veut nous offrir à la fin des temps et que, déjà à présent, il anticipe toujours à nouveau en l’évoquant à travers ce signe. Mais le vin parle également de la Passion : la vigne doit être taillée continuellement pour être ainsi purifiée; le raisin doit mûrir sous le soleil et la pluie et doit être pressé : ce n’est qu’à travers cette passion que mûrit un vin précieux.

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099 La responsabilité de Pierre

Audience générale, mercredi 7 juin 2006, §5

Ce cadre du Primat de Pierre situé lors de la Dernière Cène, au moment de l’institution de l’Eucharistie, Pâque du Seigneur, indique également le sens ultime de ce Primat : Pierre, en tout temps, doit être le gardien de la communion avec le Christ ; il doit guider à la communion avec le Christ ; il doit prendre garde à ce que la chaîne ne se brise pas et que puisse ainsi perdurer la communion universelle. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons être avec le Christ, qui est le Seigneur de tous. La responsabilité de Pierre est de garantir ainsi la communion avec le Christ à travers la charité du Christ, en conduisant à la réalisation de cette charité dans la vie de chaque jour. Prions afin que le Primat de Pierre, confié aux pauvres personnes humaines, puisse toujours être exercé dans ce sens originel voulu par le Seigneur et puisse ainsi être toujours davantage reconnu dans sa véritable signification par nos frères qui ne sont pas encore en pleine communion avec nous.

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096 L’événement central de l’histoire du monde

Homélie, Jeudi 15 juin 2006, §1 (Fête-Dieu)
(Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran)

La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, – c’est ce que nous venons d’entendre dans l’Evangile – et, ayant prononcé la Bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24). Toute l’histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n’est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l’avenir également qui est anticipé – la venue du Royaume de Dieu dans le monde. Ce que dit Jésus, ce ne sont pas simplement des paroles. Ce qu’Il dit est un événement, l’événement central de l’histoire du monde et de notre vie personnelle.

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095 Le message du signe du pain

Homélie, Jeudi 15 juin 2006, §3 (Fête-Dieu)
(Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran)

Mais nous n’avons pas encore expliqué entièrement le message de ce signe du pain. Son mystère le plus profond, le Seigneur l’a évoqué au cours du Dimanche des Rameaux, lorsqu’on lui présenta la requête de certains Grecs de pouvoir le rencontrer. Dans sa réponse à cette question, se trouve la phrase : « En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Dans le pain fait de grains moulus, se cache le mystère de la Passion. La farine, le blé moulu, suppose que le grain est mort et ressuscité. En étant moulu et cuit, il porte ensuite en lui une fois de plus le mystère même de la Passion. Ce n’est qu’à travers la mort qu’arrive la résurrection, qu’arrivent le fruit et la vie nouvelle. Les cultures de la Méditerranée, au cours des siècles précédant le Christ, ont profondément perçu ce mystère. Sur la base de l’expérience de cette mort et de cette résurrection, elles ont conçu des mythes de divinité qui, en mourant et en ressuscitant, donnaient la vie nouvelle. Le cycle de la nature leur semblait comme une promesse divine au milieu des ténèbres de la souffrance et de la mort qui nous sont imposées. Dans ces mythes, l’âme des hommes, d’une certaine façon, se projetait vers le Dieu qui s’est fait homme, qui s’est humilié jusqu’à la mort sur une croix et qui a ouvert ainsi pour nous tous la porte de la vie. Dans le pain et dans son devenir, les hommes ont découvert comme une attente de la nature, comme une promesse de la nature que cela devait exister : le Dieu qui meurt et qui, de cette façon, nous conduit à la vie. Ce qui, dans les mythes, était une attente et qui, dans le grain de blé lui-même, est caché comme signe de l’espérance de la création – cela a réellement eu lieu dans le Christ. A travers sa souffrance et sa mort choisies, Il est devenu pain pour nous tous, et, à travers cela, une espérance vivante et digne de foi : Il nous accompagne dans toutes nos souffrances jusqu’à la mort. Les voies qu’il parcourt avec nous et à travers lesquelles il nous conduit à la vie sont des chemins d’espérance.

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094 L’Eucharistie, « trésor » de l’Eglise

Angelus, Dimanche 18 juin 2006

Aujourd’hui, en Italie et dans d’autres pays, on célèbre la solennité du Corpus Domini, qui a déjà eu son temps fort à Rome lors de la procession dans la ville, jeudi dernier. Il s’agit de la fête solennelle et publique de l’Eucharistie, sacrement du Corps et du Sang du Christ : le mystère institué lors de la Dernière Cène, et commémoré chaque année le Jeudi Saint, est en ce jour présenté à tous, entouré de la ferveur de la foi et de la dévotion de la communauté ecclésiale. L’Eucharistie constitue en effet le « trésor » de l’Eglise, le précieux héritage que son Seigneur lui a laissé. Et l’Eglise la conserve avec le plus grand soin, en la célébrant chaque jour au cours de la Messe, en l’adorant dans les églises et dans les chapelles, en la distribuant aux malades et, comme viatique, à ceux qui partent pour le dernier voyage.

Mais le rayon d’action de ce trésor, qui est destiné aux baptisés, n’est pas limité au domaine de l’Eglise : l’Eucharistie est le Seigneur Jésus qui se donne « pour la vie du monde » (Jn 6, 51). Il veut rencontrer l’homme et lui transmettre la vie de Dieu en tout temps et en tout lieu. Et pas seulement. L’Eucharistie possède également une valeur cosmique : la transformation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ constitue en effet le principe de divinisation de la création elle-même. La fête du Corpus Domini est pour cette raison caractérisée en particulier par la tradition de porter le Très Saint Sacrement en procession, un geste profondément significatif. En portant l’Eucharistie dans les rues et sur les places, nous voulons immerger le Pain descendu du ciel dans notre vie quotidienne ; nous voulons que Jésus marche là où nous marchons, qu’il vive là où nous vivons. Notre monde, nos vies, doivent devenir son temple.

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056 Eucharistie, rencontre et unification

Discours, Jeudi 22 décembre 2005, §6 (à la Curie Romaine à l’occasion de la présentation des vœux de Noël)

Il est émouvant pour moi de voir comment, partout dans l’Eglise, est en train de se réveiller la joie de l’adoration eucharistique et que ses fruits se manifestent. Au cours de la période de la réforme liturgique la Messe et l’adoration en dehors de celle-ci étaient souvent considérées comme en opposition entre elles : le Pain eucharistique ne nous aurait pas été donné pour être contemplé, mais pour être mangé, selon une objection alors courante. Dans l’expérience de prière de l’Eglise s’est désormais manifesté le non-sens d’une telle opposition. Augustin avait déjà dit : …nemo autem illam carnem manducat, nisi prius adoraverit;… peccemus non adorando – Que personne ne mange cette chair sans auparavant l’adorer;… nous pécherions si nous ne l’adorions pas (cf. Enarr. in Ps 98, 9 CCL XXXOX 1385). De fait, dans l’Eucharistie nous ne recevons pas simplement une chose quelconque. Celle-ci est la rencontre et l’unification de personnes ; cependant, la personne qui vient à notre rencontre et qui désire s’unir à nous est le Fils de Dieu. Une telle unification ne peut se réaliser que selon la modalité de l’adoration. Recevoir l’Eucharistie signifie adorer Celui que nous recevons. Ce n’est qu’ainsi, et seulement ainsi, que nous devenons une seule chose avec Lui.

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055 L’adoration nous rend véritablement libres

Discours, Jeudi 22 décembre 2005, §5 (à la Curie Romaine à l’occasion de la présentation des vœux de Noël)

L’autre image contenue dans le thème de la Journée mondiale de la Jeunesse était l’homme en adoration : Nous sommes venus l’adorer. Avant toute activité et toute transformation du monde, il doit y avoir l’adoration. Elle seule nous rend véritablement libres ; elle seule nous donne les critères pour notre action. Précisément dans un monde où les critères d’orientation viennent progressivement à manquer et où existe la menace que chacun fasse de soi-même son propre critère, il est fondamental de souligner l’adoration. Pour tous ceux qui étaient présents, le silence intense de ce million de jeunes reste inoubliable ; un silence qui nous unissait et qui élevait chacun quand le Seigneur dans le Sacrement était déposé sur l’autel. Nous conservons dans nos cœurs les images de Cologne : elles sont une indication qui continue à agir. Sans mentionner de noms en particulier, je voudrais en cette occasion remercier tous ceux qui ont rendu possible la Journée mondiale de la Jeunesse ; mais remercions surtout ensemble le Seigneur, car, en définitive, Lui seul pouvait nous donner ces journées de la façon dont nous les avons vécues.

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