Archive pour amour

169 Le charme de la beauté et de la joie

Homélie, Dimanche 24 avril 2005, §6 (Messe inaugurale du pontificat)

Seulement lorsque nous rencontrons dans le Christ le Dieu vivant, nous connaissons ce qu’est la vie. Nous ne sommes pas le produit accidentel et dépourvu de sens de l’évolution. Chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire. Il n’y a rien de plus beau que d’être rejoints, surpris par l’Évangile, par le Christ. Il n’y a rien de plus beau que de le connaître et de communiquer aux autres l’amitié avec lui. La tâche du pasteur, du pêcheur d’hommes, peut souvent apparaître pénible. Mais elle est belle et grande, parce qu’en définitive elle est un service rendu à la joie, à la joie de Dieu qui veut faire son entrée dans le monde.

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168 Paul VI et la civilisation de l’amour

Audience, 3 mars 2007 (Brescia)

En effet, le secret de l’action pastorale que Paul VI accomplit avec un dévouement inlassable, en prenant parfois des décisions difficiles et impopulaires, réside justement dans son amour pour le Christ : un amour qui vibre à travers des expressions touchantes dans tous ses enseignements. Son âme de Pasteur était tout entière pénétrée d’une tension missionnaire nourrie par un désir sincère de dialogue avec l’humanité. Son invitation prophétique, reproposée de nombreuses fois, à renouveler le monde tourmenté par des inquiétudes et des violences à travers la « civilisation de l’amour », naissait de son abandon total à Jésus, Rédempteur de l’homme. Comment oublier par exemple, les paroles que, moi aussi, alors présent comme Expert au Concile Vatican II, je pus entendre dans la Basilique vaticane lors de l’ouverture de la Deuxième Session, le 29 septembre 1963 ? « Le Christ, notre commencement – proclama Paul VI avec un profond transport, et j’entends encore sa voix -; le Christ, notre voie et notre guide ; le Christ, notre espérance et notre fin… Que sur cette assemblée ne brille d’autre lumière que le Christ, lumière du monde ; que nulle vérité ne retienne notre intérêt, hormis les paroles du Seigneur, notre Maître unique ; qu’une seule inspiration nous guide, le désir de Lui être absolument fidèles » (Insegnamenti di Paolo VI, I [1963], 170-171). Et jusqu’à son dernier souffle sa pensée, ses énergies et son action furent pour le Christ et pour l’Eglise.

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165 Prière au Ground Zero

20 avril 2008

Dieu d’amour, de compassion et de salut :
regarde ces gens de divers credo et traditions,
réunis en ce lieu témoin de violence et de souffrance indicibles.
Nous en appelons à ta bonté.
Concède la lumière et la paix éternelles
à tous ceux qui y sont morts,
à ceux qui avec héroïsme ont porté secours :
les pompiers, les policiers, les agents de la protection civile et le personnel portuaire ;
à tous les innocents, femmes et hommes,
victimes de cette tragédie,
parce qu’ils vivaient ou travaillaient ici le 11 septembre 2001.
Aie pour chacun de la compassion.
Allège les souffrances de qui a été blessé ce jour-là,
de qui est tombé malade depuis.
Allège aussi la peine de familles qui souffrent
et de tous ceux qui ont perdu ici un être cher.
Donne-leur la force de continuer à vivre avec courage et espérance.
Souvenons-nous des morts, des blessés et des personnes privées des leurs, le même jour au Pentagone et dans un champ de la Pennsylvanie.
Que nos cœurs s’unissent aux leurs tandis que nos prières enveloppent leur calvaire. Dieu de la paix, concède ta paix à ce monde violent,
la paix du cœur pour tout homme et toute femme,
la paix entre les peuples de cette terre.
Eclaire de ton amour ceux dont les cœurs et les esprits
sont aveuglés par la haine.
Affectés par l’ampleur de cette tragédie, nous cherchons ta lumière et ton signal, Dieu de compréhension, face à de tels actes.
Fais que les vies sauvées ce jour-là vivent afin que
les vies perdues ne l’aient pas été en vain.
Réconforte et console, raffermit nous tous dans l’espérance.
Accorde-nous sagesse et courage afin que la paix véritable et l’amour
règnent entre les peuples et dans le cœurs des hommes.

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Chemin de Croix (Via Crucis, diaporama)

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154 Rosaire : à l’école de la Mère

Angelus, 16 octobre 2005, §2

Nous pourrions définir Jean-Paul II comme un Pape totalement consacré à Jésus à travers Marie, comme le souligne bien sa devise : « Totus tuus ». Il fut élu au cœur du mois du Rosaire et le chapelet qu’il tenait souvent entre les mains est devenue l’un des symboles de son Pontificat, sur lequel la Vierge Immaculée a veillé avec une sollicitude maternelle. A travers la radio et la télévision, les fidèles du monde entier ont pu s’unir tant de fois à lui dans cette prière mariale et, grâce à son exemple et à ses enseignements, en redécouvrir le sens authentique, contemplatif et christologique (cf. Lettre apost. Rosarium Virginis Mariae, nn. 9-17). En réalité, le Rosaire ne s’oppose pas à la méditation de la Parole de Dieu et à la prière liturgique ; il représente au contraire un complément naturel et idéal, en particulier comme préparation et action de grâce à la célébration eucharistique. Avec Marie, nous contemplons le Christ rencontré dans l’Evangile et dans le Sacrement dans les divers moments de sa vie grâce aux mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux. A l’école de la Mère, nous apprenons ainsi à nous conformer à son divin Fils et à l’annoncer à travers notre vie elle-même. Si l’Eucharistie est le centre de la journée pour le chrétien, le Rosaire contribue de façon privilégiée à élargir la communion avec le Christ et enseigne à vivre en gardant le regard du cœur fixé sur Lui, pour faire rayonner sur tous et sur toute chose son amour miséricordieux.

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151 Jésus et la logique de l’amour

Angelus, 24 sept 2006 (Castelgandolfo)

Dans l’Evangile de ce Dimanche, Jésus annonce pour la seconde fois aux disciples sa passion, sa mort et sa résurrection (cf. Mc 9, 30-31). L’évangéliste Marc souligne le fort contraste entre sa mentalité et celle des douze Apôtres, qui non seulement ne comprennent pas les paroles du Maître et refusent nettement l’idée qu’Il aille au-devant de la mort (cf. Mc 8, 32), mais discutent entre eux pour savoir qui doit être considéré comme « le plus grand » (cf. Mc 9, 34). Jésus leur explique avec patience sa logique, la logique de l’amour qui devient service jusqu’au don de soi : « Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35).

Telle est la logique du christianisme, qui répond à la vérité de l’homme créé à l’image de Dieu, mais dans le même temps est en contraste avec son égoïsme, conséquence du péché originel. Chaque personne humaine est attirée par l’amour – qui, en dernière analyse, est Dieu lui-même – mais se trompe souvent dans les façons concrètes d’aimer, et ainsi, d’une tendance à l’origine positive, mais tachée par le péché, peuvent dériver des intentions et des actions mauvaises. C’est ce que rappelle, dans la liturgie d’aujourd’hui, également la Lettre de saint Jacques : « Là où il y a jalousie et chicane, il y a désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Tandis que la sagesse qui vient d’en haut est tout d’abord pure, puis pacifique, indulgente, bienveillante, pleine de pitié et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie ». Et l’apôtre conclut : « Un fruit de justice est semé dans la paix pour ceux qui produisent la paix » (3, 16-18).

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148 L’amour indissoluble et fidèle des époux

Discours, 23 sept 2006, §4
(aux évêques de la conférence épiscopale du Tchad en visite « ad limina apostolorum »)

Parmi les défis pastoraux à relever, se trouve l’urgence de proclamer la vérité intégrale sur le mariage et sur la famille. Il est en effet primordial de montrer que l’institution du mariage contribue au véritable développement des personnes et de la société, et permet d’assurer la dignité, l’égalité et la véritable liberté de l’homme et de la femme, ainsi que la croissance humaine et spirituelle des enfants. « Créés l’un et l’autre à la ressemblance de Dieu, l’homme et la femme, quoique différents, sont essentiellement égaux du point de vue de l’humanité » (Ecclesia in Africa, n. 82). Une sérieuse formation des jeunes favorisera un renouveau de la pastorale familiale et contribuera à lever les difficultés d’ordre social, culturel ou économique qui, pour de nombreux fidèles, sont des obstacles au mariage chrétien. Tout en préservant les valeurs essentielles de la famille africaine, puissent les jeunes de votre pays accueillir dans leur vie la beauté et la grandeur du mariage chrétien qui, dans son unicité, suppose un amour indissoluble et fidèle des époux.

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143 Une douleur pleine de foi et d’amour

Angelus, 17 sept 2006, §3 (Castelgandolfo)

L’évangéliste raconte : au pied de la Croix se trouvait Marie (cf. Jn 19, 25-27). Sa douleur forme un tout avec celle de son Fils. C’est une douleur pleine de foi et d’amour. La Vierge sur le Calvaire participe à la puissance salvifique de la souffrance du Christ, unissant son « fiat » à celui de son Fils. Chers frères et sœurs, spirituellement unis à Notre-Dame des Douleurs, renouvelons nous aussi notre « oui » à Dieu qui a choisi le chemin de la Croix pour nous sauver. Il s’agit d’un grand mystère qui continue de s’accomplir, jusqu’à la fin du monde, et qui requiert également notre collaboration. Que Marie nous aide à prendre chaque jour notre croix et à suivre fidèlement Jésus sur le chemin de l’obéissance, du sacrifice et de l’amour.

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142 La Croix, symbole par excellence de l’Amour

Angelus, 17 sept 2006, §2 (Castelgandolfo)

Maintenant, avant la prière mariale, je voudrais m’arrêter sur deux fêtes liturgiques récentes et importantes : la Fête de l’Exaltation de la Croix, célébrée le 14 septembre, et la mémoire de Notre-Dame des Douleurs, célébrée le lendemain. Ces deux célébrations liturgiques peuvent se résumer de façon visuelle dans la traditionnelle image de la Crucifixion, qui représente la Vierge Marie au pied de la Croix, selon la description de l’évangéliste Jean, le seul des Apôtres à être resté près de Jésus mourant. Mais quel sens cela a-t-il d’exalter la Croix ? N’est-ce pas scandaleux de vénérer un échafaud infâme ? L’Apôtre Paul affirme : « Nous proclamons nous un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Co 1, 23). Les chrétiens cependant n’exaltent pas n’importe quelle croix, mais la Croix que Jésus a sanctifiée par son sacrifice, fruit et témoignage d’un amour immense. Le Christ sur la Croix a versé tout son sang pour délivrer l’humanité de l’esclavage du péché et de la mort. Signe de malédiction, la Croix a par conséquent été transformée en signe de bénédiction, symbole de mort, elle a été transformée en symbole par excellence de l’Amour qui vainc la haine et la violence et engendre la vie immortelle. « O Crux, ave spes unica ! O Croix, unique espérance ! ». C’est ce que chante la liturgie.

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134 Le troisième moment du mouvement de l’amour

(suite de la citation 133)

Audience générale, 9 août 2006, §5

Cette question [voir citation 133] nous introduit au troisième moment du mouvement de l’amour : de destinataires qui recevons un amour qui nous précède et nous dépasse, nous sommes appelés à l’engagement d’une réponse active qui, pour être adéquate, ne peut être qu’une réponse d’amour. Jean parle d’un « commandement ». Il rapporte en effet ces paroles de Jésus : « Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres » (Jn 13, 34). Où se trouve la nouveauté dont parle Jésus ? Elle réside dans le fait qu’il ne se contente pas de répéter ce qui était déjà exigé dans l’Ancien Testament, et que nous lisons également dans les autres Evangiles : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18 ; cf. Mt 22, 37-39 ; Mc 12, 29-31 ; Lc 10 27). Dans l’ancien précepte, le critère normatif était tiré de l’homme (« comme toi-même »), tandis que dans le précepte rapporté par Jean, Jésus présente comme motif et norme de notre amour sa personne même : « Comme je vous ai aimés ». C’est ainsi que l’amour devient véritablement chrétien, en portant en lui la nouveauté du christianisme : à la fois dans le sens où il doit s’adresser à tous, sans distinction, et surtout dans le sens où il doit parvenir jusqu’aux conséquences extrêmes, n’ayant d’autre mesure que d’être sans mesure. Ces paroles de Jésus, « comme je vous ai aimés », nous interpellent et nous préoccupent à la fois ; elles représentent un objectif christologique qui peut apparaître impossible à atteindre, mais dans le même temps, elles représentent un encouragement qui ne nous permet pas de nous reposer sur ce que nous avons pu réaliser. Il ne nous permet pas d’être contents de ce que nous sommes, mais nous pousse à demeurer en chemin vers cet objectif.

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