Archive pour 051-075

075 Le Peuple de Dieu

Audience générale, Mercredi 15 mars 2006, §3

Un signe évident de l’intention du Nazaréen de réunir la communauté de l’alliance, pour manifester en elle la réalisation des promesses faites aux Pères, qui parlent toujours de convocation, d’unification, d’unité, est l’Institution des Douze. Nous avons écouté l’Evangile sur l’institution des Douze. J’en lis une fois de plus la partie centrale : « Puis il gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons. Il institua donc les Douze… » (Mc 3, 13-16; cf. Mt 10, 1-4; Lc 6, 12-16). Sur le lieu de la révélation, « la montagne », Jésus, à travers une initiative qui manifeste une conscience et une détermination absolues, constitue les Douze afin qu’ils soient avec lui les témoins et les annonciateurs de l’avènement du Règne de Dieu. Il ne subsiste aucun doute sur le fondement historique de cet appel, non seulement en raison de l’ancienneté et de la multiplicité des témoignages, mais également en vertu du simple motif qu’y apparaît le nom de Judas, l’apôtre traître, en dépit des difficultés que cette présence pouvait comporter pour la communauté naissante. Le nombre Douze, qui rappelle de toute évidence les douze tribus d’Israël, révèle déjà la signification d’action prophétique et symbolique implicite dans la nouvelle initiative de refonder le peuple saint. Le système des douze tribus ayant disparu depuis longtemps, l’espérance d’Israël en attendait la reconstitution comme signe de l’avènement du temps eschatologique (que l’on pense à la conclusion du Livre d’Ezechiel : 37, 15-19; 39, 23-29; 40-48). En choisissant les Douze, en les introduisant dans une communion de vie avec lui et en les faisant participer à sa mission d’annonce du Règne en paroles et en actes (cf. Mc 6, 7-13; Mt 10, 5-8; Lc 9, 1-6; Lc 6, 13), Jésus veut dire qu’est arrivé le temps définitif où se constitue de nouveau le Peuple de Dieu, le peuple des douze tribus, qui devient à présent un peuple universel, son Eglise.

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074 Eglise : catholicité et unité vont de pair

Homélie, Mercredi 29 juin 2005, §4
(Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul)

Nous avons dit que catholicité de l’Eglise et unité de l’Eglise vont de pair. Le fait que ces deux dimensions nous deviennent visibles à travers les figures des saints Apôtres, nous indique déjà la caractéristique suivante de l’Eglise : elle est apostolique. Qu’est-ce que cela signifie ? Le Seigneur a institué douze Apôtres, de même que les fils de Jacob étaient douze, en les désignant ainsi comme les chefs de file du peuple de Dieu qui, désormais devenu universel, comprend dès lors tous les peuples. Saint Marc nous dit que Jésus appela les Apôtres pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher (Mc 3, 14). Cela semble presque une contradiction. Nous, nous dirions : ou ils sont avec lui, ou alors ils sont envoyés et se mettent en marche. Le saint Pape Grégoire le Grand prononça une phrase sur les anges qui nous aide à résoudre cette contradiction. Il dit que les anges sont toujours envoyés et, dans le même temps, sont toujours devant Dieu, et il poursuit ainsi : Ils sont envoyés partout, ils vont partout, ils marchent toujours dans le sein de Dieu (Homélie 34, 13). L’Apocalypse a qualifié les Evêques d’anges de leur Eglise, et nous pouvons donc en tirer l’application suivante : les Apôtres et leurs successeurs devraient toujours être avec le Seigneur et précisément ainsi – où qu’ils aillent – être toujours en communion avec Lui et vivre de cette communion.

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073 L’aventure des Apôtres

Audience générale, mercredi 22 mars 2006, §3

C’est précisément cet aspect [cf. Citation 072] qui est mis en évidence par l’évangéliste Jean dès la première rencontre de Jésus avec les futurs apôtres. Ici, le cadre est différent. La rencontre se déroule sur les rives du Jourdain. La présence des futurs disciples, venus eux aussi, comme Jésus, de Galilée pour vivre l’expérience du baptême administré par Jean, apporte une lumière sur leur monde spirituel. C’étaient des hommes qui attendaient le Règne de Dieu, désireux de connaître le Messie, dont la venue était annoncée comme imminente. L’indication de Jean le Baptiste, qui montre en Jésus l’Agneau de Dieu (cf. Jn 1, 36) suffit pour que s’élève en eux le désir d’une rencontre personnelle avec le Maître. Les phrases du dialogue de Jésus avec les deux premiers futurs Apôtres sont très significatives. A la question : « Que cherchez-vous ? », ils répondent par une autre question : « Rabbi (c’est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? ». La réponse de Jésus est une invitation : « Venez et vous verrez » (cf. Jn 1, 38-39). Venir pour pouvoir voir. L’aventure des Apôtres commence ainsi, comme une rencontre de personnes qui s’ouvrent l’une à l’autre. Une connaissance directe du Maître commence ainsi pour les disciples. Ils voient où il demeure et commencent à le connaître. En effet, ils ne devront pas être les annonciateurs d’une idée, mais les témoins d’une personne. Avant d’être envoyés évangéliser, ils devront « demeurer » avec Jésus (cf. Mc 3, 14), établissant avec lui une relation personnelle. Sur cette base, l’évangélisation ne sera autre qu’une annonce de ce qu’ils ont vécu et une invitation à entrer dans le mystère de la communion avec le Christ (cf. 1 Jn 13).

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072 L’apôtre, un « expert » de Jésus

Audience générale, mercredi 22 mars 2006, §2

Selon le récit de Marc (1, 16-20) et de Matthieu (4, 18-22), le cadre de l’appel des premiers Apôtres est le lac de Galilée. Jésus a depuis peu commencé sa prédication du Règne de Dieu, lorsque son regard se pose sur deux paires de frères : Simon et André, et Jacques et Jean. Ce sont des pêcheurs, occupés à leur travail quotidien. Ils jettent les filets, les préparent. Mais une autre pêche les attend. Jésus les appelle avec décision et ils le suivent aussitôt : désormais, ils seront « pêcheurs d’hommes » (cf. Mc 1, 17 ; Mt 4, 19). Luc, tout en suivant la même tradition, fait un récit plus élaboré (5, 1-11). Il montre le chemin de foi des premiers disciples, en précisant que l’invitation à se mettre à la suite de Jésus leur est faite après avoir écouté sa première prédication et fait l’expérience des premiers signes prodigieux accomplis par lui. En particulier, la pêche miraculeuse constitue le cadre immédiat et offre le symbole de la mission de pêcheurs d’hommes qui leur a été confiée. Le destin de ces « appelés » sera désormais intimement lié à celui de Jésus. L’apôtre est un envoyé, mais plus encore, un « expert » de Jésus.

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071 Le Magnificat, portrait de Marie

Homélie, Lundi 15 août 2005, §3
Paroisse pontificale « San Tommaso da Villanova » (Castel Gandolfo)

Dans l’Evangile, nous avons entendu le Magnificat, cette grande poésie qui s’est élevée des lèvres, et plus encore du cœur de Marie, inspirée par l’Esprit Saint. Dans ce chant merveilleux se reflète toute l’âme, toute la personnalité de Marie. Nous pouvons dire que son chant est un portrait, une véritable icône de Marie, dans laquelle nous pouvons la voir exactement telle qu’elle est. (…) Celui-ci commence par la parole Magnificat : mon âme « magnifie » le Seigneur, c’est-à-dire « proclame la grandeur » du Seigneur. Marie désire que Dieu soit grand dans le monde, soit grand dans sa vie, soit présent parmi nous tous. Elle n’a pas peur que Dieu puisse être un « concurrent » dans notre vie, qu’il puisse ôter quelque chose de notre liberté, de notre espace vital, par sa grandeur. Elle sait que si Dieu est grand, nous aussi, nous sommes grands. Notre vie n’est pas opprimée, mais est élevée et élargie : ce n’est qu’alors qu’elle devient grande dans la splendeur de Dieu.

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070 La vie humaine est toujours un bien

Discours, Lundi 27 février 2006, §3
(Aux participants au Congrès International sur l’embryon humain promu par l’Académie Pontificale pour la Vie)

L’amour de Dieu ne fait pas de différence entre celui qui vient d’être conçu et se trouve encore dans le sein de sa mère, et l’enfant, ou le jeune, ou bien encore l’homme mûr ou âgé. Il ne fait pas de différence, car en chacun d’eux il voit l’empreinte de sa propre image et ressemblance (cf. Gn 1, 26). Il ne fait pas de différence, car il voit se refléter en tous le visage de son Fils unique, dans lequel « Il nous a élus, dès avant la fondation du monde… déterminant d’avance que nous serions pour lui des fils adoptifs… Tel fut le bon plaisir de sa volonté » (Ep 1, 4-6). Cet amour infini et presque incompréhensible de Dieu pour l’homme révèle jusqu’à quel point la personne humaine est digne d’être aimée en elle-même, indépendamment de toute autre considération – intelligence, beauté, santé, jeunesse, intégrité et ainsi de suite. En définitive, la vie humaine est toujours un bien, car « elle est dans le monde une manifestation de Dieu, un signe de sa présence, une trace de sa gloire » (cf. Evangelium vitae, n. 34). Une très haute dignité est en effet donnée à l’homme, qui a ses racines dans le lien intime qui l’unit à son Créateur : dans l’homme, en chaque homme, à chaque étape ou condition de sa vie, resplendit un reflet de la réalité même de Dieu. C’est pourquoi le Magistère de l’Eglise a constamment proclamé le caractère sacré et inviolable de chaque vie humaine, de sa conception jusqu’à son terme naturel (cf. Evangelium vitae, n. 57). Ce jugement moral est déjà valable aux débuts de la vie d’un embryon, avant même qu’il se soit implanté dans le sein maternel, qui le protégera et le nourrira pendant neuf mois jusqu’au moment de la naissance : La vie humaine est sacrée et inviolable dans tous les moments de son existence, même dans le moment initial qui précède la naissance (ibid., n. 61).

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069 Prier pour les vocations

Regina Cæli, 7 mai 2006 (IV Dimanche de Pâques)
Journée mondiale de Prière pour les Vocations

Cette année, la Journée mondiale de Prière pour les Vocations a pour thème : « Les vocations dans le mystère de l’Eglise ». Dans le Message que j’ai adressé à toute la communauté ecclésiale à cette occasion, j’ai rappelé l’expérience des premiers disciples de Jésus, qui, après l’avoir rencontré sur les bords du lac et dans les villages de Galilée, furent conquis par sa personnalité fascinante et son amour. La vocation chrétienne est le renouvellement permanent de cette amitié personnelle avec Jésus Christ, qui donne tout son sens à notre existence et la rend disponible pour le Royaume de Dieu. L’Eglise vit de cette amitié, nourrie par la Parole et par les Sacrements, qui sont des réalités saintes confiées de manière particulière au ministère des Evêques, des prêtres et des diacres, consacrés par le sacrement de l’Ordre. Voilà pourquoi – comme je l’ai répété dans le même Message – la mission du prêtre est irremplaçable, et même si l’on enregistre un manque de prêtres dans certaines régions, on ne doit pas douter que Dieu continue à appeler les enfants, les jeunes et les adultes à tout quitter pour se consacrer à la prédication de l’Evangile et au ministère pastoral.

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068 Adoration et présence de Dieu

Angelus, Dimanche 7 août 2005, Castel Gandolfo

Des milliers de jeunes sont sur le point de partir, ou sont déjà en route, vers Cologne pour la XX Journée mondiale de la Jeunesse qui, comme vous le savez, a pour thème : « Nous sommes venus l’adorer » (Mt 2, 2). On peut dire que toute l’Eglise est spirituellement mobilisée pour vivre cet événement extraordinaire, en se tournant vers les Mages comme vers des modèles particuliers de chercheurs du Christ, devant lequel s’agenouiller en adoration. Mais que signifie « adorer » ? S’agit-il d’une attitude d’un autre temps, privée de sens pour l’homme contemporain ? Non ! Une prière bien connue, que de nombreuses personnes récitent le matin et le soir, commence précisément par ces paroles : « Mon Dieu, je t’adore, je t’aime de tout mon coeur… ». A l’aube et au crépuscule, le croyant renouvelle chaque jour son « adoration », c’est-à-dire sa reconnaissance de la présence de Dieu, Créateur et Seigneur de l’univers. C’est une reconnaissance emplie de gratitude, qui part du plus profond du cœur et qui investit l’être tout entier, car ce n’est qu’en adorant et en aimant Dieu par-dessus tout que l’homme peut se réaliser pleinement lui-même.

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067 Racines chrétiennes de l’Europe

Angelus, Dimanche 24 juillet 2005
Les Combes (Val d’Aoste)

Hier, nous avons commémoré sainte Brigitte de Suède, Patronne de l’Europe. Le 11 juillet dernier, a été célébré saint Benoît, autre grand Patron du « vieux continent » et, comme vous le savez, mon patron depuis que j’ai été élu au ministère de Pierre. En contemplant ces saints, il est naturel de s’arrêter pour réfléchir, précisément en ce moment historique, avec tous ses problèmes, sur la contribution que le christianisme a offerte et continue d’offrir à la construction de l’Europe.

Je voudrais le faire en retournant par la pensée au pèlerinage que mon bien-aimé prédécesseur, le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, fit en 1982, à Saint-Jacques-de-Compostelle, où il accomplit un « Acte européen » solennel au cours duquel il prononça ces paroles mémorables d’une très grande actualité que je répète à présent : « Moi, Evêque de Rome et Pasteur de l’Eglise universelle, de Saint-Jacques je te lance, ô vieille Europe, un cri plein d’amour : Rencontre-toi à nouveau. Sois toi-même. Découvre tes origines. Ravive tes racines. Revis ces valeurs authentiques qui firent glorieuse ton histoire et bienfaisante ta présence dans les autres continents » (Insegnamenti, vol. V/3, 1982, p. 1260). Jean-Paul II lança alors le projet d’une Europe consciente de son unité spirituelle qui s’appuie sur le fondement des valeurs chrétiennes. Il revint sur ce thème à l’occasion de la Journée mondiale de la Jeunesse en 1989, qui se déroula précisément à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il souhaita une Europe sans frontières, qui ne renie pas les racines chrétiennes qui l’ont fait naître et ne renonce pas à l’humanisme authentique de l’Evangile du Christ ! (Homélie lors de la Messe à la Basilique de Covadonga, cf. Insegnamenti, vol. XII/2, 1989, p. 328). Combien son appel demeure actuel à la lumière des événements récents du continent européen !

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066 Mariage, fidélité, amour et vie

Dialogue avec les jeunes, Jeudi 6 avril 2006, 2ème question
(Rencontre avec les jeunes du diocèse de Rome et du Latium en préparation à la XXI Journée de la Jeunesse)

Le Seigneur, qui a parlé de cela dans la langue des prophètes d’Israël, en évoquant la permission de divorcer de la part de Moïse, a dit : « C’est en raison de votre dureté de cœur ». Après le péché, le cœur est devenu « dur », mais tel n’était pas le dessein du Créateur et les Prophètes ont insisté toujours plus clairement sur ce dessein originel. Pour renouveler l’homme, le Seigneur – en faisant allusion aux voix prophétiques qui ont toujours guidé Israël vers la clarté de la monogamie – a reconnu avec Ezéchiel que nous avons besoin – pour vivre cette vocation, d’un cœur nouveau ; au lieu du cœur de pierre – comme dit Ezéchiel – nous avons besoin d’un cœur de chair, d’un cœur véritablement humain. Et le Seigneur, dans le Baptême, à travers la foi, « greffe » en nous ce cœur nouveau. Il ne s’agit pas d’une greffe physique, mais nous pouvons peut-être nous servir précisément de cette comparaison : après la greffe, il est nécessaire que l’organisme soit soigné, qu’il dispose des médicaments nécessaires pour pouvoir vivre avec son nouveau cœur, afin qu’il devienne « son cœur », et non le « cœur d’un autre ». (…) En vivant ainsi dans la communion avec le Christ, avec son Eglise, le nouveau cœur devient réellement « notre cœur » et le mariage devient possible. L’amour exclusif entre un homme et une femme, la vie à deux projetée par le Créateur devient possible, même si le climat de notre monde la rend difficile, jusqu’à la faire apparaître impossible.

Le Seigneur nous donne un cœur nouveau et nous devons vivre avec ce cœur nouveau, en utilisant les thérapies opportunes afin qu’il soit réellement « le nôtre ». C’est ainsi que nous vivons ce que le Créateur nous a donné et cela engendre une vie véritablement heureuse. En effet, nous pouvons le voir également dans ce monde, en dépit des nombreux autres modèles de vie : il existe tant de familles chrétiennes qui vivent avec fidélité et joie la vie et l’amour indiqués par le Créateur et c’est ainsi que se développe une nouvelle humanité.

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