Archive pour 026-050

040 Le Triduum Pascal

Audience générale, 12 avril 2006

Les célébrations du Triduum Pascal vont nous faire revivre le mystère de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur. Demain, Jeudi Saint, sera célébrée la Messe « in Cena Domini », qui fait mémoire de l’offrande totale que le Christ, lavant les pieds de ses disciples, a fait de Lui-même à l’humanité dans l’Eucharistie. Le matin même, la Messe chrismale réunit, autour de l’évêque, le presbyterium de chaque diocèse, qui renouvelle les promesses sacerdotales et qui participe à la bénédiction des saintes huiles. Centré sur le mystère de la Passion, le Vendredi Saint, jour de jeûne et de pénitence, est consacré à la contemplation du Christ en Croix, qui révèle la profondeur de l’amour de Dieu surpassant toute connaissance. Le Samedi Saint, en s’unissant à Marie priant près du tombeau dans lequel repose le corps du Fils de Dieu, l’Église médite sur l’œuvre créatrice de la rédemption, accomplie dans la mort du Christ. Elle se prépare à célébrer, au milieu de la nuit, la Veillée pascale, au cours de laquelle les nouveaux baptisés et chaque communauté chrétienne feront résonner joyeusement les chants du Gloria et de l’Alleluia pascal.

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039 L’amour, c’est se donner soi-même

Homélie, 9 avril 2006, § 7 (Dimanche des Rameaux)
XXIe Journée Mondiale de la Jeunesse

Les trois caractéristiques annoncées par le prophète – pauvreté, paix, universalité – sont résumées dans le signe de la Croix. C’est pourquoi, à juste titre, la Croix est devenue le centre des Journées mondiales de la Jeunesse. Il y a eu un temps – qui n’est pas encore entièrement terminé – où l’on refusait le christianisme précisément à cause de la Croix. La Croix parle de sacrifice, disait-on, la Croix est le signe de la négation de la vie. Nous, en revanche, nous voulons la vie tout entière sans restrictions et sans renoncements. Nous voulons vivre, rien d’autre que vivre. Nous ne nous laissons pas limiter par des préceptes et des interdictions ; nous voulons la richesse et la plénitude – ainsi disait-on et dit-on encore. Tout cela nous apparaît convaincant et séduisant ; c’est le langage du serpent qui dit : « Ne vous laissez pas intimider ! Mangez tranquillement de tous les arbres du jardin ! ». Cependant, le Dimanche des Rameaux nous dit que le véritable grand « oui » est précisément la Croix, que la Croix est précisément le véritable arbre de la vie. Nous ne trouvons pas la vie en nous emparant d’elle, mais en la donnant. L’amour, c’est se donner soi-même, et c’est pourquoi le chemin de la vraie vie est symbolisé par la Croix.

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038 Foi, espérance et charité vont de pair

Encyclique Deus caritas est, n° 39

Foi, espérance et charité vont de pair. L’espérance s’enracine en pratique dans la vertu de patience, qui ne fait pas défaut dans le bien, pas même face à l’échec apparent, et dans celle d’humilité, qui accepte le mystère de Dieu et qui Lui fait confiance même dans l’obscurité. La foi nous montre le Dieu qui a donné son Fils pour nous et suscite ainsi en nous la certitude victorieuse qu’est bien vraie l’affirmation : Dieu est Amour. De cette façon, elle transforme notre impatience et nos doutes en une espérance assurée que Dieu tient le monde entre ses mains et que malgré toutes les obscurités il triomphe, comme l’Apocalypse le révèle à la fin, de façon lumineuse, à travers ses images bouleversantes. La foi, qui prend conscience de l’amour de Dieu qui s’est révélé dans le cœur transpercé de Jésus sur la croix, suscite à son tour l’amour. Il est la lumière – en réalité l’unique – qui illumine sans cesse à nouveau un monde dans l’obscurité et qui nous donne le courage de vivre et d’agir. L’amour est possible, et nous sommes en mesure de le mettre en pratique parce que nous sommes créés à l’image de Dieu. Par la présente Encyclique, voici à quoi je voudrais vous inviter : vivre l’amour et de cette manière faire entrer la lumière de Dieu dans le monde.

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037 La route pour vivre et pour aimer

Encyclique Deus caritas est, n° 12

La véritable nouveauté du Nouveau Testament ne consiste pas en des idées nouvelles, mais dans la figure même du Christ, qui donne chair et sang aux concepts – un réalisme inouï. Déjà dans l’Ancien Testament, la nouveauté biblique ne résidait pas seulement en des concepts, mais dans l’action imprévisible, et à certains égards inouïe, de Dieu. Cet agir de Dieu acquiert maintenant sa forme dramatique dans le fait que, en Jésus Christ, Dieu lui-même recherche la « brebis perdue », l’humanité souffrante et égarée. Quand Jésus, dans ses paraboles, parle du pasteur qui va à la recherche de la brebis perdue, de la femme qui cherche la drachme, du père qui va au devant du fils prodigue et qui l’embrasse, il ne s’agit pas là seulement de paroles, mais de l’explication de son être même et de son agir. Dans sa mort sur la croix s’accomplit le retournement de Dieu contre lui-même, dans lequel il se donne pour relever l’homme et le sauver – tel est l’amour dans sa forme la plus radicale. Le regard tourné vers le côté ouvert du Christ, dont parle Jean (cf. 19, 37), comprend ce qui a été le point de départ de cette Encyclique : « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8). C’est là que cette vérité peut être contemplée. Et, partant de là, on doit maintenant définir ce qu’est l’amour. À partir de ce regard, le chrétien trouve la route pour vivre et pour aimer.

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036 XXIe Journée mondiale de la Jeunesse

Message, 22 février 2006, § 8
Aux jeunes du monde à l’occasion de la XXIe Journée Mondiale de la Jeunesse, 2006

Chers amis, avec cette XXIe Journée mondiale de la Jeunesse, que nous célébrerons le 9 avril prochain, Dimanche des Rameaux, nous commencerons un pèlerinage spirituel vers la rencontre mondiale des jeunes qui aura lieu à Sydney en juillet 2008. Nous nous préparerons à ce grand rendez-vous en réfléchissant ensemble sur le thème l’Esprit Saint et la mission, à travers des étapes successives. Cette année, notre attention se concentrera sur l’Esprit Saint, Esprit de vérité, qui nous révèle le Christ, le Verbe fait chair, ouvrant le cœur de chacun à la Parole de salut, qui conduit à la Vérité tout entière. L’an prochain, en 2007, nous méditerons sur un verset de l’Évangile de Jean: « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » (13, 34) et nous découvrirons encore plus profondément que l’Esprit Saint est Esprit d’amour, qui infuse en nous la charité divine et nous rend sensibles aux besoins matériels et spirituels de nos frères. Alors nous parviendrons à la rencontre mondiale de 2008 qui aura pour thème: « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8).

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035 Jeunes du troisième millénaire

Message, 22 février 2006, § 7
Aux jeunes du monde à l’occasion de la XXIe Journée Mondiale de la Jeunesse, 2006

Construire votre vie sur le Christ, en accueillant avec joie sa parole et en mettant en pratique ses enseignements : jeunes du troisième millénaire, tel doit être votre programme ! Il est urgent que se lève une nouvelle génération d’apôtres enracinés dans la parole du Christ, capables de répondre aux défis de notre temps et prêts à répandre partout l’Évangile. C’est ce que le Seigneur vous demande, ce à quoi l’Église vous invite, ce que le monde – même sans le savoir – attend de vous ! Et si Jésus vous appelle, n’ayez pas peur de lui répondre avec générosité, spécialement s’il vous propose de le suivre dans la vie consacrée ou dans la vie sacerdotale. N’ayez pas peur ; faites-lui confiance, et vous ne serez pas déçus !

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034 Celui qui aime le Christ aime l’Église

Encyclique Deus caritas est (25-XII-2005), n° 33

En ce qui concerne les collaborateurs qui accomplissent concrètement le travail de la charité dans l’Église, l’essentiel a déjà été dit : ils ne doivent pas s’inspirer des idéologies de l’amélioration du monde, mais se laisser guider par la foi qui, dans l’amour, devient agissante (cf. Ga 5,6). Ils doivent donc être des personnes touchées avant tout par l’amour du Christ, des personnes dont le Christ a conquis le cœur par son amour, en y réveillant l’amour pour le prochain. Le critère qui inspire leur action devrait être l’affirmation présente dans la Deuxième Lettre aux Corinthiens : « L’amour du Christ nous pousse » (5, 14). La conscience qu’en Lui Dieu lui-même s’est donné pour nous jusqu’à la mort doit nous amener à ne plus vivre pour nous-mêmes, mais pour Lui et avec Lui pour les autres. Celui qui aime le Christ aime l’Église, et il veut qu’elle soit toujours plus expression et instrument de l’amour qui émane de Lui.

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033 Ne pas avoir peur de suivre le Christ

Dimanche 2 avril 2006, Place Saint-Pierre
(à l’occasion du rosaire promu par le diocèse de Rome pour le 1er anniversaire de la mort du serviteur de Dieu le Pape Jean-Paul II)

En ce premier anniversaire de son retour à la Maison du Père, nous sommes invités ce soir à accueillir à nouveau l’héritage spirituel qu’il nous a laissé ; nous sommes incités, entre autres, à vivre en recherchant inlassablement la Vérité qui seule comble notre cœur. Nous sommes encouragés à ne pas avoir peur de suivre le Christ, pour apporter à tous l’annonce de l’Evangile, qui est le ferment d’une humanité plus fraternelle et solidaire. Du ciel, Jean-Paul II nous aide à poursuivre notre chemin, en demeurant de dociles disciples de Jésus pour être, comme lui-même aimait le répéter aux jeunes, des « sentinelles du matin » en ce début du troisième millénaire chrétien. Dans ce but, invoquons Marie, la Mère du Rédempteur, envers laquelle il nourrit toujours une tendre dévotion.

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032 Jean-Paul II : fidélité et don de soi

Dimanche 2 avril 2006, Place Saint-Pierre
(à l’occasion du rosaire promu par le diocèse de Rome pour le 1er anniversaire de la mort du Serviteur de Dieu le Pape Jean-Paul II)

Comment résumer la vie et le témoignage évangélique de ce grand Pontife romain ? Je pourrais tenter de le faire en utilisant deux mots : « fidélité » et « don de soi », fidélité totale à Dieu et don de soi sans réserve à sa mission de Pasteur de l’Eglise universelle. Fidélité et don de soi qui sont apparus de manière encore plus convaincante et émouvante au cours des derniers mois, lorsqu’il a incarné en lui ce qu’il écrivait en 1984, dans la Lettre apostolique Salvifici doloris : « La souffrance est présente dans le monde pour libérer l’amour, pour faire naître des œuvres d’amour à l’égard du prochain, pour transformer toute la civilisation humaine en ‘civilisation de l’amour’ » (n. 30). Sa maladie, affrontée avec courage, a rendu chacun plus attentif à la douleur humaine, à toute douleur physique et spirituelle ; elle a donné sa dignité et sa valeur à la souffrance, en témoignant que l’homme ne vaut pas pour son efficacité, pour son apparence, mais pour lui-même, parce qu’il est créé et aimé par Dieu. A travers ses mots et ses gestes, le cher Jean-Paul II ne s’est pas lassé de montrer au monde que si l’homme se laisse embrasser par le Christ, il ne diminue pas la richesse de son humanité ; s’il adhère à Lui de tout son cœur, rien ne lui vient à manquer. Au contraire, la rencontre avec le Christ rend notre vie plus passionnante. Précisément parce qu’il s’est approché toujours plus de Dieu dans la prière, dans la contemplation, dans l’amour pour la Vérité et la Beauté, notre bien-aimé Pape a pu devenir le compagnon de voyage de chacun de nous et parler d’une manière faisant autorité également à ceux qui sont éloignés de la foi chrétienne.

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031 Le sens ultime de la Croix

Discours, Jeudi 2 mars 2006 (rencontre avec le clergé du diocèse de Rome)

Nous voulons avoir la vie en abondance, rien d’autre que la vie. Ici vient immédiatement en mémoire la parole de l’Evangile d’aujourd’hui : « Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera » (Lc 9, 24). Tel est le paradoxe que nous devons avant tout garder en mémoire dans l’option pour la vie. Ce n’est pas en nous arrogeant la vie pour nous-mêmes, mais seulement en donnant la vie, ce n’est pas en la possédant et en la prenant, mais en la donnant, que nous pouvons la trouver. Tel est le sens ultime de la Croix : ne pas garder pour soi, mais donner la vie.

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