118 Le vin parle de la Passion

Homélie, Jeudi 15 juin 2006, §5-6 (Fête-Dieu)
(Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran)

L’Eglise des débuts a trouvé un autre symbole dans le pain. La Doctrine des Douze Apôtres, un livre composé aux environs de l’an 100, rapporte dans ses prières l’affirmation : « De même que ce pain que nous rompons, autrefois disséminé sur les collines, a été recueilli pour n’en faire plus qu’un, qu’ainsi ton Eglise soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton Royaume ! » (IX, 4). Le pain composé de nombreux grains renferme également un événement d’union : la transformation en pain des grains est un processus d’unification. Nous-mêmes, de nombreux que nous sommes, nous devons devenir un seul pain, un seul corps, nous dit saint Paul (1 Co 10, 17). Ainsi, le signe du pain devient à la fois espérance et devoir.

Le signe du vin nous parle également de façon très semblable. Mais tandis que le pain renvoie à l’aspect quotidien, à la simplicité et au pèlerinage, le vin exprime le caractère exquis de la création : la fête de joie que Dieu veut nous offrir à la fin des temps et que, déjà à présent, il anticipe toujours à nouveau en l’évoquant à travers ce signe. Mais le vin parle également de la Passion : la vigne doit être taillée continuellement pour être ainsi purifiée; le raisin doit mûrir sous le soleil et la pluie et doit être pressé : ce n’est qu’à travers cette passion que mûrit un vin précieux.

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