093 Le cynisme qui ne connaît pas Dieu

Discours, 28 mai 2006, §5
(visite au camp de concentration d’Auschwitz)

Nous ne sommes pas en mesure de scruter le secret de Dieu – nous ne voyons que des fragments, et ce serait une erreur que de vouloir juger Dieu et l’histoire. Nous ne défendrions pas l’homme dans ce cas, mais nous ne contribuerions qu’à sa destruction. Non – en définitive, nous devons continuer à élever vers Dieu ce cri humble mais persistant : Réveille-toi ! N’oublie pas ta créature, l’homme ! Et notre cri vers Dieu doit être en même temps un cri qui pénètre notre cœur lui-même, afin que s’éveille en nous la présence cachée de Dieu – afin que la force qu’il a déposée dans nos cœurs ne soit pas recouverte et étouffée en nous par la boue de l’égoïsme, de la peur des hommes, de l’indifférence et de l’opportunisme. Elevons ce cri vers Dieu, adressons-le à notre cœur lui-même, précisément en cette heure sur laquelle pèsent de nouveaux dangers, dans laquelle semblent naître à nouveau du cœur des hommes toutes les forces obscures : d’une part, l’abus du nom de Dieu pour justifier la violence aveugle contre des personnes innocentes ; de l’autre, le cynisme qui ne connaît pas Dieu et qui bafoue la foi en Lui.

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